Arnaque des grands-parents : comment la reconnaître
Mis à jour le · Par l’équipe Efface
Comment reconnaître l'arnaque des grands-parents ?
Un appel d'un supposé petit-enfant, ou d'un « avocat » ou « policier » en son nom, qui réclame de l'argent tout de suite et vous demande le secret est un signal d'alarme. Raccrochez et rappelez votre proche au numéro que vous connaissez déjà ; aucun policier ne vient chercher une caution chez vous.
Le téléphone sonne, souvent sur la ligne fixe. Au bout du fil, une voix inquiète : « C'est moi… tu me reconnais ? » Quelques minutes plus tard, on vous demande de l'argent, vite, et surtout de n'en parler à personne. C'est l'arnaque des grands-parents, que le Centre antifraude du Canada classe parmi les fraudes de « besoin urgent d'argent ». Elle peut viser n'importe qui, pas seulement les personnes âgées.
Comment l'arnaque se déroule
Selon le SPVM, le scénario suit souvent les mêmes étapes :
- 1Le fraudeur appelle en se faisant passer pour un proche et vous demande si vous le reconnaissez.
- 2Si vous dites un prénom, il prend cette identité pour gagner votre confiance.
- 3Il raconte une situation grave : une arrestation, un accident, une blessure, des ennuis à l'étranger.
- 4Il réclame de l'argent tout de suite, par virement ou en argent comptant, parfois à remettre à quelqu'un d'autre, comme son « avocat ».
- 5Il vous supplie de ne rien dire à personne.
Le CAFC mentionne aussi des frais d'avocat, d'hôpital ou d'ambulance, à payer « immédiatement » pour éviter la prison.
Les variantes : avocat, policier, courrier, texto
- Le faux avocat ou le faux policier. Une deuxième personne prend le téléphone pour rendre l'histoire crédible. Le CAFC précise que les fraudeurs se font passer pour un responsable de l'application de la loi ou un avocat, et prétendent parfois qu'un « bâillon » vous interdit d'en parler.
- Le courrier qui vient chercher l'argent. Si vous acceptez de payer, en argent comptant ou en cryptomonnaie, les fraudeurs s'organisent pour venir chercher l'argent chez vous ou vous demandent de l'envoyer par la poste, selon le CAFC. La Sûreté du Québec est claire : ne remettez jamais d'argent ou de biens à un policier, un avocat ou un conseiller venu chez vous.
- Les cartes-cadeaux. On vous demande d'acheter des cartes prépayées et de lire les codes au téléphone. La Sûreté du Québec rappelle de ne jamais payer de cette façon.
- Le texto du « téléphone cassé ». Un message prétend venir d'un proche dont le cellulaire serait brisé ou tombé dans l'eau. Il donne un nouveau numéro, puis demande de l'argent pour une réparation ou une facture.
Les signes qui doivent vous alerter
- On vous demande « tu me reconnais ? » au lieu de se présenter.
- L'urgence est extrême : il faut payer aujourd'hui, maintenant.
- On insiste pour que vous gardiez le secret, même envers les parents de votre petit-enfant.
- On vous demande de l'argent comptant, des cartes-cadeaux, de la cryptomonnaie ou un virement.
- Quelqu'un doit passer chez vous chercher l'argent.
- Vous vous fiez à l'afficheur. Le CAFC rappelle que les fraudeurs peuvent masquer leur vrai numéro.
Un point important du CAFC : le système de justice pénale canadien ne permet pas d'être libéré en payant une caution en argent comptant ou en cryptomonnaie. Et selon la Sûreté du Québec, les policiers ne communiquent jamais avec des citoyens pour obtenir le versement d'une caution.
Pendant l'appel : les bons réflexes
- 1Ne répondez pas à « tu me reconnais ? ». Demandez plutôt à la personne de s'identifier.
- 2Posez une question dont seul votre proche connaît la réponse : un souvenir de famille, un lieu.
- 3Dites que vous allez rappeler, puis raccrochez.
- 4Appelez votre proche au numéro que vous avez déjà, jamais à celui qu'on vous donne. Si vous n'arrivez pas à le joindre, appelez ses parents ou un autre membre de la famille.
- 5Si l'appelant dit être policier, raccrochez et appelez vous-même votre service de police avec un numéro trouvé de source fiable.
- 6Ne donnez ni argent, ni numéro de carte, ni renseignement personnel, même si on vous presse. Vous avez toujours le droit de dire non.
Le mot-code familial
La Sûreté du Québec suggère de convenir avec vos proches d'un mot-code que vous seuls connaissez. Choisissez-le de vive voix, ne l'écrivez nulle part et ne l'envoyez jamais par messagerie. Si un supposé petit-fils en détresse ne peut pas le donner, raccrochez. Voir aussi Protéger les infos de vos parents en ligne.
Si vous avez déjà remis de l'argent
Ces fraudeurs jouent sur vos émotions ; il n'y a aucune honte à avoir. Agissez vite.
- 1Appelez votre institution financière tout de suite, surtout s'il y a eu un virement, un retrait ou si vous avez donné un numéro de carte.
- 2Gardez tout : numéros qui ont appelé, heures des appels, textos, reçus, description de la personne venue chez vous.
- 3Portez plainte à votre service de police local. Si la personne doit revenir chercher de l'argent ou en cas d'urgence, faites le 911.
- 4Signalez la fraude au Centre antifraude du Canada au 1-888-495-8501 ou en ligne à signalercyberetfraude.canada.ca, même si vous n'avez rien perdu.
La Sûreté du Québec recommande aussi de changer les mots de passe de vos comptes sensibles et de prévenir vos agences d'évaluation de crédit si des renseignements ont été donnés.
Comment les fraudeurs savent à qui téléphoner
Pour viser une personne âgée sur sa ligne fixe, il faut d'abord trouver son nom et son numéro. Ces renseignements circulent dans les annuaires, les sites de recherche de personnes et les listes des courtiers de données, en plus des fuites et de ce qui est publié sur les réseaux sociaux. Le CAFC note que les fraudeurs utilisent ces publications pour trouver le nom de vos proches. Pour comprendre d'où viennent ces infos, lisez Arnaques téléphoniques : d'où viennent vos infos.
Réduire ce qu'on trouve sur vous
Moins votre nom, votre adresse et votre numéro sont faciles à trouver en ligne, moins un fraudeur a de matière pour vous appeler. Commencez par une recherche gratuite pour voir sur quels annuaires et sites de recherche de personnes vous apparaissez, vous ou vos parents. Ça ne met pas fin aux arnaques, mais ça réduit ce qui est public.
Questions fréquentes
- Est-ce que ça arrive seulement aux personnes âgées ?
- Non. Le Centre antifraude du Canada précise que ces arnaques peuvent viser n'importe qui, notamment par texto.
- Un policier peut-il me demander de payer la caution d'un proche ?
- Non. Selon la Sûreté du Québec, les policiers ne communiquent jamais avec des citoyens pour obtenir le versement d'une caution. Ne remettez jamais d'argent à quelqu'un qui se présente chez vous comme policier ou avocat.
- Faut-il signaler un appel même si je n'ai rien payé ?
- Oui. La Sûreté du Québec et le Centre antifraude du Canada demandent de signaler toute fraude ou tentative. Selon le CAFC, l'information peut aider à relier des crimes entre eux.
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