Arnaque amoureuse en ligne : les signes
Mis à jour le · Par l’équipe Efface
Comment reconnaître une arnaque amoureuse en ligne ?
Une personne rencontrée en ligne qui déclare vite son amour, évite toute rencontre en personne ou par caméra, puis finit par demander de l'argent ou vous parle d'investir en cryptomonnaie : ce sont les signes classiques d'une arnaque amoureuse. N'envoyez jamais d'argent à quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré, et signalez la situation à votre police et au Centre antifraude du Canada.
Une arnaque amoureuse peut toucher n'importe qui. Selon le Centre antifraude du Canada, la majorité ne sont pas des amateurs. Se faire prendre n'a rien à voir avec la naïveté.
Comment fonctionne l'arnaque
Le SPVM la définit comme une extorsion d'argent et de biens dans le cadre d'une fausse relation affective, commencée en ligne. Le scénario suit souvent ces étapes :
- 1Le premier contact arrive sur un réseau social ou un site de rencontre, à partir d'un faux profil.
- 2La confiance s'installe : messages fréquents, attentions, compliments, parfois une déclaration d'amour rapide.
- 3La personne vous demande de quitter la plateforme pour continuer par texto, courriel ou une application de messagerie comme WhatsApp.
- 4Un problème survient : frais médicaux, voyage, compte bancaire bloqué, cellulaire volé, ennui avec la justice, proche malade. Les montants demandés sont souvent petits au début, puis augmentent avec le temps.
- 5La pression monte si vous refusez : culpabilité, colère, parfois menaces et intimidation.
Une variante est en hausse selon le Centre antifraude : la relation sert à vous amener à investir en cryptomonnaie sur une plateforme que le fraudeur contrôle. Il peut vous laisser retirer une partie des gains, jusqu'au jour où il devient impossible de récupérer votre argent. Le fraudeur peut aussi vous demander de recevoir de l'argent pour lui ou de prêter votre compte bancaire, ce qui pourrait vous impliquer sans le savoir dans un crime.
Les signes qui doivent vous alerter
Les corps policiers et le Centre antifraude décrivent les mêmes signaux :
- Quelqu'un que vous n'avez jamais rencontré vous déclare son amour.
- La personne veut vite passer à un autre moyen de communication, hors du site.
- Elle a toujours une bonne raison pour ne pas vous voir en personne ou par caméra.
- Elle dit vivre près de chez vous, mais travailler ou voyager à l'étranger.
- Les messages sont mal écrits, contiennent un prénom qui n'est pas le vôtre, ou des documents « officiels » avec des fautes.
- Elle joue sur la détresse ou la colère pour que vous vous sentiez coupable.
- Elle vous demande de ne pas parler d'elle à vos proches.
- Elle propose de vous apprendre à investir en cryptomonnaie ou vous parle d'enrichissement rapide.
Plusieurs de ces signes ensemble, surtout avec une demande d'argent, doivent vous faire arrêter.
Si vous avez un doute pendant la relation
- 1N'envoyez pas d'argent ni de cryptomonnaie à une personne que vous ne connaissez qu'en ligne.
- 2Parlez-en à une personne de confiance. C'est un des conseils du SPVM. La Sûreté du Québec rappelle aussi qu'en discuter avec vos proches réduit le risque.
- 3Restez sur la plateforme officielle pour les échanges, et ne donnez pas votre nom complet, votre adresse, votre date de naissance, votre numéro d'assurance sociale ni vos informations bancaires.
- 4Ne prêtez jamais votre compte bancaire pour faire passer de l'argent.
- 5Méfiez-vous des demandes d'« approbation » qui semblent venir de votre service de cryptomonnaie : selon le Centre antifraude, de fausses demandes servent à prendre le contrôle des portefeuilles.
Pour les liens et messages suspects en général, voyez notre guide sur les textos et courriels suspects.
Si vous avez déjà envoyé de l'argent ou des infos
Il n'est pas trop tard pour agir. La Sûreté du Québec recommande ces étapes :
- 1Cessez les échanges et n'envoyez plus rien, même si on vous promet un remboursement.
- 2Gardez toutes les preuves : messages, captures d'écran, profils, reçus de virement.
- 3Avisez votre institution financière et l'émetteur de votre carte le plus tôt possible.
- 4Changez vos mots de passe sensibles (banque, courriel, cellulaire, réseaux sociaux).
- 5Portez plainte à votre service de police local. Pour une urgence, faites le 911. La SQ précise que les médias sociaux ne sont pas un canal officiel pour porter plainte.
- 6Signalez la fraude au Centre antifraude du Canada au 1 888 495-8501 ou sur son site.
- 7Demandez du soutien. Que vous portiez plainte ou non, les Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) peuvent vous aider.
Si vous avez donné des pièces d'identité ou votre numéro d'assurance sociale, suivez aussi notre guide vol d'identité : que faire.
Comment les fraudeurs trouvent et ciblent leurs victimes
Un fraudeur n'a pas besoin de beaucoup pour rendre son histoire crédible. Un profil public lui apprend votre ville, votre état civil, vos intérêts, vos voyages. Avec ces détails, il peut choisir qui approcher, adapter son personnage et donner l'impression de vous connaître.
Pour réduire ce qui est visible :
- Vérifiez ce que voit un inconnu sur votre profil avec notre guide mes infos Facebook : qui peut les voir ?.
- N'acceptez pas les demandes d'amis de personnes que vous ne connaissez pas, comme le conseille le Centre antifraude.
- Si vous aidez un parent, notre guide protéger les infos de vos parents en ligne explique comment limiter ce qui circule.
- Pour comprendre d'où viennent les infos utilisées par les fraudeurs, lisez arnaques téléphoniques : d'où viennent vos infos.
Réduire ce que les fraudeurs trouvent sur vous
Moins vos infos sont faciles à trouver, moins un fraudeur a de matière pour vous cibler et rendre son histoire crédible. Faites une recherche gratuite pour voir où votre nom, votre adresse et votre numéro apparaissent en ligne. Efface peut ensuite envoyer les demandes de retrait en vertu de la Loi 25 et vous fournir une preuve datée avant et après.
Questions fréquentes
- Est-ce que je peux récupérer l'argent envoyé ?
- Ça dépend de la situation et du moyen de paiement. Communiquez rapidement avec votre institution financière : c'est elle qui peut vous dire ce qui est possible.
- J'ai honte. Dois-je vraiment porter plainte ?
- Oui, si vous le pouvez. Ces fraudeurs sont organisés et savent manipuler les émotions. Votre plainte et votre signalement au Centre antifraude aident les enquêteurs et peuvent protéger d'autres personnes. Les CAVAC offrent du soutien même sans plainte.
- Comment aider un proche qui ne croit pas à l'arnaque ?
- Restez à l'écoute, sans jugement ni reproche. Demandez simplement si la personne a déjà été vue en personne ou par caméra. Le fraudeur cherche souvent à isoler sa victime, alors garder le lien est ce qui compte le plus.
Tout ça se fait sans nous. Le problème, c’est qu’il faut le refaire sur des centaines de sites, puis recommencer quand l’information réapparaît. C’est le travail qu’Efface fait à votre place.
Voir où votre nom apparaît, gratuitement